Causer (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

I.
XIII e siècle. Dérivé de cause au sens de « raison, motif ». Être cause de, occasionner. La grêle a causé de gros dégâts. Cette bataille a causé de lourdes pertes. Causer de la joie, du chagrin. Cette affaire me cause bien des ennuis. Votre intervention a causé un scandale.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Être cause de, occasionner. "Il a pensé un grand malheur. Causer du dommage. Causer la guerre. Causer de la joie. Causer de la douleur, du chagrin. Causer du scandale."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

S'entretenir familièrement avec quelqu'un. "Ils ont été une heure à ensemble. Je cause volontiers avec lui. Nous causâmes longtemps de cette affaire. Causer de littérature, de voyages," et elliptiquement "Causer littérature, ouvrages. C'est assez causé. Assez causé."
Fam., "Causer de choses et d'autres," S'entretenir familièrement de diverses choses au gré de la conversation. "Causer de la pluie et du beau temps," Causer de choses peu importantes.
Il signifie aussi, familièrement, Parler trop, parler inconsidérément. "Ne lui dites que ce que vous voudrez que tout le monde sache, car il aime à ."
Il signifie également Parler avec malignité. "N'allez pas si souvent dans cette maison, on en cause."



1ère définition d'Emile Littré

Verbe 


Être cause, occasionner.
LA FONT.: « Qu'il a fait un larcin de rôt ou de fromage, Égratigné quelqu'un, causé quelque dommage »
LA FONT.: « Quel que soit le plaisir que cause la vengeance, C'est l'acheter trop cher.... »
LA FONT.: « Je m'en tais, et ne veux leur nul ennui »
LA FONT.: « Cela causa leur malheur »
LA FONT.: « Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage Causer du retardement »
RAC.: « Vous savez ses malheurs, vous les avez causés »
RAC.: « Je veux l'attendre ici ; les chagrins qu'il me cause M'occuperont assez tout le temps qu'il repose »
BOSSUET: « Si Dieu n'a rien en lui-même par où il puisse en nous les volontés libres »

HISTORIQUE
    XIVème siècle
ORESME: « ...en la maniere que aucuns le disoient et se causoient [se fondaient sur] de ce que la fin est melleur que n'est la generacion de la fin »
    XVème siècle
COMM.: « Nostre roy est le seigneur du monde qui le moins a causé [été cause] de user de ce mot de dire : J'ai privilege de lever sur mes subgectz ce que il me plaist »
    XVIème siècle
CALV.: « Elle monstre que toutes ces choses sont causées [fondées] en Jesus Christ, comme en estant le fondement »
B. DESPER.: « Au moyen de quoi, lui fut facile de [motiver] son voyage là dessus »
MONT.: « Il mourut d'une apoplexie que ce coup luy causa »
B. DE PALISSY: « Cela m'a causé me restraindre de trop grande liberalité »
CARLOIX: « Donnant à entendre que.... : langaige causé [développé comme cause et motif] et contenu en ladicte ordonnance »

ÉTYMOLOGIE
    Cause ; espagn. cauzar ; ital. causare.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. CAUSER. Ajoutez :

 2   Donner pour motif (sens inusité).
SAINT-SIMON: « Cela insinue beaucoup en causant comme petit-fils de Sa Majesté [en donnant pour motif de la décision le titre de petit-fils] »


2ème définition d'Emile Littré

Verbe 



 1   S'entretenir familièrement. Ils causent ensemble. De quoi causent-ils ? Nous ons de cette affaire.
SÉV.: « Je veux me vanter d'être toute l'après-midi dans cette prairie, causant avec nos vaches et nos moutons »
SÉV.: « Voilà la chose du monde la plus heureuse pour lui ; vous savez tout cela, mais on cause [c'est-à-dire je vous écris cela pour avec vous] »
SÉV.: « Pour mon fils, M. le maréchal n'a pas voulu le laisser venir ; il est le seul avec qui il cause de toute chose »
VOLT.: « Le duc d'Orléans régent daigna un jour avec moi au bal de l'Opéra ; il me fit un grand éloge de Rabelais »
    Familièrement. Causer de choses et d'autres, s'entretenir sans propos déterminé.
    Fig. Causer de la pluie et du beau temps, parler de riens, de choses de peu d'importance.
    Elliptiquement. Causer littérature, voyages, etc. de littérature, de voyages.
    Familièrement. Ah çà ! causons un peu, expliquons-nous, entendons-nous.
    Passivement et impersonnellement, dans le parler familier, c'est assez causé, ou, simplement, assez causé, ne parlons plus, agissons, et aussi, taisez-vous, brisons-là.

 2   Familièrement, tenir des propos, parler avec légèreté et indiscrétion, ou avec malignité.
MOL.: « Le monde, chère Agnès, est une étrange chose ! Voyez la médisance, et comme chacun cause ! »
MOL.: « Je ne m'étonne point si parfois on en cause »
MOL.: « Voilà ce que c'est que d'avoir causé ; vous n'en tâterez plus, et je vous laisse sur la bonne bouche »

 3   V. n. Terme de fauconnerie. Se dit du cri des perroquets et des pies.

REMARQUE
    Peut-on dire : il m'a longtemps causé de ses affaires ; allez lui de cette nouvelle ? C'est une façon de parler qui est très en usage. Mais observez qu'on ne pourrait pas dire, en mettant un substantif au lieu du pronom : j'ai causé de l'affaire à mon avocat ; il faut avec mon avocat. Cela rend très suspect l'emploi du pronom, et il sera mieux de dire : il a longtemps causé avec moi de ses affaires ; allez avec lui de cette nouvelle. On ne cause pas à quelqu'un ; on cause avec quelqu'un. Pourtant cette manière de parler se trouve dans J. J. Rousseau, qui n'est pas toujours très pur, et sans doute dans d'autres.
J. J. ROUSS.: « La première fois que je la vis elle était à la veille de son mariage ; elle me causa longtemps avec cette familiarité charmante qui lui est naturelle »

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Ren. 725: Par poi Hersent n'enrage d'ire Por Ysengrin, qui si la chose [gronde]
BARBAZ.: « Moult de sa gent parler n'en osent, Mais par derriere moult l'en chosent [blâment], Fabliaux »
    XVème siècle
FROISS.: « Je vous ait dit et causé [expliqué] toutes les avenues de Jean Bar, de Jean Pict.... »
     Myst. Resurr. de N. S: Envie qui accuse et cause [blâme] Maintes personnes tout à tort
BASSELIN: « L'homme songeart il [le vin] fait et rire »
BASSELIN: « Si voulez que je cause et preche, Et parle latin proprement, Tenez ma bouche toujours freche, De bon vin l'arrosant souvent »
    XVIème siècle
MONT.: « Ce fut un commandement nu et simple, où l'homme n'eut rien à connoistre et à [demander raison] »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. chausar, causciar, reprocher, disputer ; espagn. causar, faire un procès ; du latin causari, faire un procès, d'où disputer, reprocher, et simplement, . Diez et d'autres étymologistes font intervenir l'ancien haut allemand chôzôn, allemand moderne kosen ; mais le latin suffit à la forme et au sens du mot roman.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 2. CAUSER. - REM. Ajoutez : Corneille a dit me pour avec moi : Lysis m'aborde, et tu veux me , Lexique, éd. Marty-Laveaux.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Être cause, occasionner. "Il a pensé un grand malheur. Causer du dommage. Causer la guerre. Causer de la joie. Causer de la douleur, du chagrin. Causer du scandale."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


S'entretenir familièrement avec quelqu'un. "Ils ont été une heure à ensemble. Nous causâmes longtemps de cette affaire. Ils ont causé d'affaires."
Fam., "Causer de choses et d'autres," S'entretenir familièrement de diverses choses sans contention d'esprit.
Fig. et fam., "Causer de la pluie et du beau temps," Causer de choses peu importantes.
Elliptiq., "Causer littérature, voyages, etc.," Causer de littérature, de voyages, etc.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



veut dire aussi, familièrement, Parler trop, parler inconsidérément. "Ne lui dites que ce que vous voudrez que tout le monde sache, car il aime à ."
Il signifie également, Parler avec malignité. "N'allez pas si souvent dans cette maison, on en cause."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Être cause. "Il a pensé un grand malheur. Causer du dommage. Causer la guerre. Causer de la joie. Causer du scandale. Causer de la douleur. Causer du chagrin".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


S'entretenir familièrement avec quelqu'nn. "Ils ont été une heure à ensemble".
Il veut dire aussi, Parler trop, parler inconsidérément. "Ne lui dites que ce que vous voudrez que tout le monde sache; car il aime à ". Il est familier.
On dit dans le style familier, "Causer de choses et d'autres," pour dire, S'entretenir familièrement de diverses choses sans contention d'esprit; et ce n'est qu'en cette phrase et en d'autres semblables, que "Causer" se dit avec un régime. "Nous avons causé littérature, voyages, etc." pour dire, Causé de littérature, de voyages, etc.



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Causer, signifie aussi, Parler avec malignité. "N'allez pas si souvent dans cette maison, on en cause".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Être cause. "Il a pensé un grand malheur. Causer du dommage. Causer la guerre. Causer de la joie. Causer du scandale. Causer de la douleur. Causer du chagrin."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


S'entretenir familièrement avec quelqu'un. "Ils ont été une heure à ensemble. Vous ne faites que à l'Église."
Il veut dire aussi, Parler trop, parler inconsidérément. "Ne lui dites que ce que vous voudrez que tout le monde sache; car il aime à ."
On dit dans le style familier, "Causer de choses & d'autres," pour dire, S'entretenir familièrement de diverses choses de peu d'importance. Et ce n'est qu'en cette phrase & en d'autres semblables, que "Causer" se dit avec un régime.



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi, Parler avec malignité. "N'allez pas si souvent dans cette maison, on en cause."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

S'entretenir familièrement avec quelqu'un: Ils "caûsent" volontiers ensemble: il y a du plaisir " avec lui.
- Parler trop et inconsidérèment. 'Il aime à "causer". Ne lui dites pas votre secret, infailliblement il "caûserait". = Parler avec malignité, blâmer, critiquer. Votre conduite est indiscrète, déjà partout on en "caûse".
   "Rem." "Causer", quand il est seul et sans régime, se prend en mauvaise part; c'est dire des riens, des balivernes. 'Cet homme ne fait que "causer". 'C'est-là " pour ". 'C'est proprement "causer" que tout ceci; car c'est une chôse passée. "Sév." = On dit, proverbialement, dans ce sens, "causer" comme une "pie" (quelques-uns ajoutent, "borgne") il "caûseroit les piés dans l'eau". On "caûse" volontiers, quand on a les piés chauds.
- Mais "causer", se prend en bone part, quand on y joint "avec" ou "ensemble": je "caûse" souvent "avec" lui; nous "causons" tous les jours "ensemble".
   "Causer", régit quelquefois la prép. "de" des chôses: " de chôses et aûtres"; s'entretenir familièrement de diverses chôses de peu d'importance.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Estre cause. "Il a pensé un grand malheur. du dommage. la guerre. de la joye. du scandale".
"Causer". v. n. S'entretenir familierement avec quelqu'un de choses legeres. "Ils ont esté une heure à ensemble. vous ne faites que a l'Eglise".
Il veut dire aussi, Ne garder pas le secret; comme, "Ne luy dites que ce que vous voudrez que tout le monde sçache, car il cause".




Emplacement dans le dictionnaire :

cauliflore
caulinaire
causal
causalité
causant
causatif
cause
causé
caûse

caûserie
causerie
causette
causeur
causeuse
causse
causticité
caustique
causus
caûteleûsement
cauteleusement




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...banquette d'où elles pouvaient, tout aussi bien qu'à l'intérieur, voir et être vues. -et, avec le laisser-aller tahitien, on trouvait tout naturel que je vinsse souvent m'accouder à la fenêtre, pour causer avec ma petite amie. En dansant, je rencontrais constamment son regard grave ; elle était éclairée comme une vision, par la lueur rouge des lampes, mêlée aux rayons bleus de la lune ; sa robe...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...lassé de nos péchés, ne nous écouterait plus ! ... je n'avais encore jamais pensé que cela fut possible. Et une crainte, sombre et profonde, que rien dans ma foi de petit enfant n'avait pu me causer jusqu'à ce jour, me prit tout entier, en présence de l'irrémissible damnation... longtemps, pendant des semaines et pendant des mois, la parabole des vierges folles hanta mon sommeil. Et chaque...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...possible ; nous nous appelions même par nos noms de baptême, ce qui est tout à fait contraire aux belles manières des collèges. Et, comme nous ne nous voyions jamais, jamais qu'en classe, obligés de causer mystérieusement bas, sous la férule des maîtres, nos relations étaient, par cela seul, maintenues dans une courtoisie inaltérable et ne ressemblaient pas aux relations ordinaires des enfants entre...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...qui rêve : d'abord sa coiffe de mousseline, puis sa robe élégante, ajustée à la mode des villes, qu'elle jeta au hasard sur une chaise. Ensuite son long corset de demoiselle, qui faisait beaucoup causer les gens, par sa tournure parisienne. Alors sa taille, une fois libre, devint plus parfaite ; n'étant plus comprimée, ni trop amincie par le bas, elle reprit ses lignes naturelles, qui étaient...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...elle aussi, plus animée et plus jolie, dans sa joie de l'attendre. 5e PARTIE, VI Cependant les jours passaient. Elle continuait de se mettre en toilette, de prendre un air gai, d'aller sur le port causer avec les autres. Elle disait que c'était tout naturel, ce retard. Est-ce que cela ne se voyait pas chaque année ? Oh ! D'abord, de si bons marins, et deux si bons bateaux ! Ensuite, rentrée chez...


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